Le 1er avril 2026, dans l’article intitulé Journalisme : plus de la moitié des postes à pouvoir sont précaires, je mettais l’accent sur les recrutements très - trop ? - nombreux de stagiaires et d’alternants dans le secteur des médias. Depuis les données que j’avais alors exploitées, la situation ne s’est évidemment pas améliorée. Je ne suis pas la seule à remarquer cette fâcheuse tendance qu’ont les entreprises de presse à recruter des jeunes qu’ils pourront sous-payer. Les professionnels du secteur commencent à réagir aux annonces de recrutement sur LinkedIn pour dénoncer le fonds du sujet, autant que sa forme. Un collectif de journalistes s’est organisé, appelé FC Cressard, pour dénoncer les entreprises qui publient des annonces contribuant à précariser toujours plus le secteur.
Le nom de ce collectif fait référence à la loi dite “Cressard” - du nom du député Jacques Cressard. Cette loi du 4 juillet 1974 pose notamment que “toute convention par laquelle une entreprise de presse s'assure, moyennant rémunération, le concours d'un journaliste professionnel, est présumée être un contrat de travail. Cette présomption subsiste quels que soient le mode et le montant de la rémunération ainsi que la qualification donnée à la convention par les parties”. Dit autrement, toute commande d’article à un journaliste pigiste assure à ce dernier qu’il devra être payé via fiche de salaire. Les pigistes travaillent de façon indépendante, certes, mais dépendent du régime général de l’assurance maladie, pas du régime des indépendants. Ils n’ont pas à établir de facture et sont pris en compte dans la masse salariale des médias auxquels ils collaborent. Si le FC Cressard (Fan club Cressard) s’est constitué, c’est d’abord pour dénoncer cette pratique de plus en plus fréquente des médias de demander aux pigistes un paiement sur facture et non par salaire. Cette pratique est illégale. Mais les temps sont durs pour les pigistes qui sont souvent contraints d’accepter.
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